Le projet d'installation "enlumimurs" veut s'inspirer du travail des calligraphes et enlumineurs médiévaux du haut et bas moyen âge. Les murs deviennent parchemin, les toiles d'abstraction lyrique et leurs déclinaisons photographiques en détails se transforment tour à tour en enluminures, miniatures ou lettrines. La poésie, quant à elle, est écrite en rapport avec le contenu spirituel des toiles, sur le modèle d'une forme fixe du 15ème siècle (le chinquain*), et figure le texte calligraphié. L'installation est conçue autour du thème du carré, symbole de la terre (quatre directions), du temps (quatre saisons) et de l'univers créé (quatre éléments). Le carré est souvent utilisé au moyen âge en architecture et dans les préaux des cloîtres où il représente l'Eden divisé par les quatre fleuves ainsi que dans la mise en page des miniatures ou des lettrines des manuscrits et autres évangéliaires.
Le choix de l’Agora de Lorient après celui de l’abbatiale du prieuré de Marcillac-Lanville est délibéré.
En effet, il nous a semblé qu’après avoir été dans le recueillement d’un chœur roman, cette œuvre se devait d’aller au cœur de la cité dans le bourdonnement du monde. Quel meilleur endroit donc, que le quadrilatère de cette agora contemporaine, lieu de rassemblement par excellence, où se côtoient, hébergement intergénérationnel, restaurant, activités associatives et séminaires professionnels pour oser ce grand écart culturel, cette écriture picturale singulière…
* Nom donné par les « Grands Rhétoriqueurs » (poètes chroniqueurs de la fin du 15ème siècle) à un « Quintil » (strophe de cinq vers) de forme aabba.
JL A
Aout 2013 à Marcillac Lanville :
Un cent d'étourneaux
à la brune virevolte
pour quel chorégraphe ?
Sélène (haïkhouhou - trois lignes)