L’artiste doit se montrer créateur, et, dans le travail de sa propre imagination, avec le discernement des formes vraies, comme avec un sens profond et une vive sensibilité, réaliser spontanément et d’un seul jet l’idée qui l’anime et l’inspire. Georg Wilhelm Friedrich HEGEL
L'installation "ENLUMIMURS" sera à nouveau exposée dans ce bel espace culturel LECLERC Lagord de LA ROCHELLE
"Je me contente de fouiller mon moi-même et non la nature. ... Il y a, en somme, en peinture plus à chercher la suggestion que la description."
Citation de Paul Gauguin
Exposition dans l'abbatiale de Marcillac (Août 2013)
Installation 2013 (Marcillac Lanville)
Le Centre Spirituel de Créac'h Balbé
Le projet d'installation "enlumimurs" veut s'inspirer du travail des calligraphes et enlumineurs médiévaux du haut et bas moyen âge. Les murs deviennent parchemin, les toiles d'abstraction lyrique et leurs déclinaisons photographiques en détails se transforment tour à tour en enluminures, miniatures ou lettrines. La poésie, quant à elle, est écrite en rapport avec le contenu spirituel des toiles, sur le modèle d'une forme fixe du 15ème siècle (le chinquain*), et figure le texte calligraphié.
L'installation est conçue autour du thème du carré, symbole de la terre (quatre directions), du temps (quatre saisons) et de l'univers créé (quatre éléments). Le carré est souvent utilisé au moyen âge en architecture et dans les préaux des cloîtres où il représente l'Eden divisé par les quatre fleuves ainsi que dans la mise en page des miniatures ou des lettrines des manuscrits et autres évangéliaires.
Le choix du centre spirituel diocésain de Créach Balbé à Saint Urbain succédant à celui du foyer logement Agora de Lorient et à celui de l’abbatiale du prieuré de Marcillac-Lanville, confirme bien notre désir d’alternance entre lieu sacré et lieu profane. En effet, il nous a semblé important qu’une œuvre telle que celle-ci puisse naturellement trouver sa place tant dans le recueillement que dans l’effervescence.
Quel meilleur endroit donc, après l’agora et son agitation, que les quadrilatères de silence de ce lieu de ressourcement, tout entier dédié à l’accueil des chrétiens du Finistère, pour y proposer cette écriture picturale singulière…
Jean Luc AOTRET
* Nom donné par les « Grands Rhétoriqueurs » (poètes chroniqueurs de la fin du 15ème siècle) à un « Quintil » (strophe de cinq vers) de forme aabba.
Aux confins du système solaire
Par tougeron thierry , Le 04/04/2013 à 10:05
C’est aux confins du système solaire
un peu à droite du nuage d’Oort
le voyage de Magellan en contrebas
l’œil du chat au loin
C’est lorsque plus aucun son ne provient à la cochlée
que le vide interstellaire n’autorise plus aucun mouvement d’air
que le froid glacial des atomes de l’origine se fait pointe de diamant
que la nuit sidérale entoure ce qui brille comme une étoffe épaisse
C’est aux confins du système solaire
un peu après la dernière planète
si près des sillons gravés par les comètes
la constellation d’Orion s’enjoint
C’est lorsque la distance est si grande
que la nuit est si livide
que l’esprit est apatride
et le corps sans sensations
C’est là, seulement là
après des millions de millions de kilomètres
que l’on ne comprend plus
que le temps n’existe plus
Et c’est là, oui
que la fée, mieux que toutes les étoiles
vient de ses ailes de papier
retirer tout ce voile
Alors rassuré
Le poète peut vivre
En attendant
Sans jamais chavirer